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Motos basses : une selle à 690 mm ou moins de poids pour mieux poser pied ?

Éloïse Le Gallo-Hamon 6 min de lecture
Motos basses : pilote à petit gabarit pose un pied à plat, selle 690 mm max

Pour les petits gabarits, une moto facile à tenir à l’arrêt n’est pas forcément celle dont la selle est la plus basse. La Honda Rebel 500 affiche une assise à 690 mm, mais une machine plus haute et plus légère peut demander moins d’effort au quotidien. Le bon choix dépend de votre entrejambe, de la largeur de selle, du poids et de l’accès aux commandes.

Voici des modèles à comparer selon votre permis, puis une méthode d’essai pour départager les motos basses sans vous fier uniquement à leur fiche technique.

La hauteur de selle ne dit pas jusqu’où vos pieds descendront

Deux personnes mesurant 1,70 m peuvent avoir des appuis très différents sur la même moto. La longueur de jambe compte davantage que la taille totale. Mesurez votre entrejambe pieds nus, du sol jusqu’au périnée, puis utilisez cette mesure pour comparer vos sensations lors des essais. Elle ne permet toutefois pas de calculer une hauteur de selle idéale à elle seule.

Infographie sur les motos basses montrant l'effet de la hauteur et de la largeur de selle sur l'appui au sol
Infographie sur les motos basses montrant l’effet de la hauteur et de la largeur de selle sur l’appui au sol

Les selles sous 800 mm constituent un premier repère autour de 1,70 m ; sous 785 mm, la recherche se resserre vers des modèles souvent plus accessibles. Ce ne sont pas des garanties : une assise large écarte les cuisses et allonge le chemin jusqu’au sol. Une selle légèrement plus haute, mais étroite à l’avant, peut donc mieux convenir.

Le poids intervient dès que la moto s’incline ou qu’il faut reculer. Un centre de gravité bas facilite certaines manipulations, sans effacer les kilos. Comparez autant que possible des poids tous pleins faits ou en ordre de marche : un poids à sec ne représente pas la moto prête à rouler.

Enfin, poser les deux pieds parfaitement à plat n’est pas indispensable dans toutes les situations. Un appui franc d’un seul pied peut suffire avec une technique maîtrisée. Pour débuter, recherchez néanmoins une marge rassurante, sans devoir vous déhancher excessivement à chaque arrêt.

Des modèles concrets à comparer selon votre permis

Ce tableau rassemble des pistes pertinentes, pas un classement universel. Les caractéristiques peuvent varier selon le millésime, la version et les options. Vérifiez celles de l’exemplaire proposé, particulièrement en occasion et pour le bridage A2.

Modèle Hauteur de selle Poids indiqué Permis ou version Point à examiner
Brixton Cromwell 125 770 mm 134 kg A1 Assise basse pour une 125 rétro
Honda CB125R 816 mm 125 kg tous pleins faits A1 Légèreté face à une selle plus haute
Honda Rebel 500 / CMX500 690 mm Environ 190 kg A2 Appuis et accès aux commandes
Kawasaki Vulcan S 705 mm 228 kg A2 en version adaptée Poids lors des manœuvres
Yamaha MT-03 780 mm Environ 168 kg A2 Compromis roadster entre hauteur et masse
Yamaha R3 780 mm 169 kg A2 Ergonomie sportive à essayer
Suzuki SV650 785 mm 197 kg pleins faits A2 bridée ou A Poids et réponse moteur
BMW F750GS avec selle basse 770 mm 224 kg pleins faits A ou A2 selon version homologuée Accessibilité d’un trail, mais masse importante

Pour la ville : ne sacrifiez pas la légèreté

La Brixton Cromwell 125 associe une selle à 770 mm à une puissance de 11 ch. La Honda CB125R, plus haute à 816 mm, ne pèse que 125 kg tous pleins faits. Les essayer successivement permet de comprendre le compromis : atteindre le sol facilement ou déplacer une moto moins lourde. En France, l’accès à une 125 avec le permis B reste soumis aux conditions réglementaires applicables, notamment de formation.

Pour le permis A2 : custom bas ou roadster plus léger

La Rebel 500 et la Vulcan S privilégient une assise très basse. Toutefois, les 228 kg de la Kawasaki doivent être évalués en reculant et en redressant la moto depuis sa béquille. La MT-03 et la R3 offrent une autre approche : une selle à 780 mm et un poids inférieur. La R3 ajoute une position sportive dont il faut vérifier le confort des poignets et la portée du guidon.

Pour voyager : une selle basse ne transforme pas le gabarit

Un trail peut rester envisageable : la BMW F750GS descend à 770 mm avec sa selle basse, mais conserve 224 kg pleins faits. Autre piste en occasion, la BMW F800GT propose une selle basse à 765 mm pour 214 kg pleins faits. Vérifiez toujours la présence réelle de l’option annoncée et l’accessibilité avec les bagages prévus.

Un essai utile commence avant de démarrer

Venez avec vos bottes et votre équipement habituels. Demandez l’aide du vendeur pour les premières manipulations, sur une surface plane et dégagée. Une moto rassurante dans un showroom peut devenir exigeante devant un garage en pente.

  1. Installez-vous naturellement : vérifiez les appuis sans avancer artificiellement sur le réservoir.
  2. Redressez la moto depuis la béquille : l’effort doit rester maîtrisable, sans élan ni traction excessive sur le guidon.
  3. Braquez des deux côtés : les bras doivent rester disponibles et les commandes accessibles.
  4. Reculez sur quelques mètres : repérez si les repose-pieds gênent les mollets ou si vos pieds glissent.
  5. Essayez à basse vitesse : départs, arrêts et virages serrés doivent rester progressifs, dans un espace sécurisé adapté à votre niveau.

Considérez aussi la fenêtre d’arrêt : les quelques mètres pendant lesquels vous choisissez où immobiliser la moto. Regardez le dévers, les gravillons, une plaque métallique ou un creux près du caniveau avant de poser le pied. Cette lecture du revêtement évite qu’une selle rassurante sur sol plat devienne soudain trop haute parce que l’appui se trouve plus bas que les roues.

Ne testez pas volontairement un dévers difficile pour vous prouver quelque chose. Si une manœuvre vous dépasse, descendez et demandez de l’aide. Une formation complémentaire à basse vitesse peut être plus bénéfique qu’un changement de moto.

Selle basse et rabaissement : intervenir dans le bon ordre

Commencer par l’assise et l’ergonomie

Une selle basse d’origine ou un travail de sellerie peut améliorer l’appui sans modifier les suspensions. L’affinement de l’avant de selle mérite autant d’attention que la réduction de mousse. Vérifiez cependant le confort sur la durée et l’angle des genoux : descendre l’assise réduit aussi la distance aux repose-pieds.

Des bottes moto adaptées peuvent sécuriser l’appui, mais une semelle trop épaisse peut gêner le sélecteur ou le frein arrière. Essayez-les sur la moto. Faites également contrôler le réglage des leviers et la portée des commandes.

Faire valider toute modification de suspension

La précharge doit correspondre à la charge transportée ; la diminuer uniquement pour toucher le sol peut dégrader le fonctionnement de la suspension. Un kit de rabaissement, des biellettes ou une intervention sur la fourche et l’amortisseur nécessitent une évaluation professionnelle.

Selon la solution, le rabaissement peut modifier l’assiette, la géométrie, le débattement disponible et la garde au sol. La béquille latérale peut également nécessiter une adaptation. Demandez un devis incluant montage, réglages et vérification de compatibilité, puis renseignez-vous sur les conséquences pour l’homologation et l’assurance.

Le choix le plus rassurant reste une moto accessible dans sa configuration d’origine. Retenez deux ou trois modèles compatibles avec votre permis et votre usage, puis départagez-les sur vos appuis, vos manœuvres et votre confort réel plutôt que sur les seuls millimètres annoncés.

Éloïse Le Gallo-Hamon

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